Don du rein : matinée d’information et ateliers

La matinée d’information sur le don d’organes organisée le 13 novembre fut riche.

Pas moins de 7 intervenants (Raihani De Vos, Dr Ouarda KRID, Gelva TEROOATEA, Dr Alexandre FAURY, Dr Stephane LASTERE, Dr Anthony BERBERIAN et Dr Pascale TESTEVUIDE) ont donné, à tour de rôle,  des détails sur le circuit donneur vivant, le circuit donneur en état de mort encéphalique, la perception de la mort et du corps chez le polynésien, le diagnostic de l’état de mort encéphalique par angioscanner, la qualification biologique du donneur, la qualification HLA, les critères d’inscription sur la liste d’attente…

Vous trouverez ci-dessous quelques extraits des exposés. Pour rappel, à l’heure actuelle tout le monde est présumé donneur. Ceux qui ne souhaitent pas donner leurs organes après leur mort, doivent s’inscrire sur le registre national des refus.

 

LE DONNEUR VIVANT

Depuis 2011, la loi a élargi les possibilités de don aux personnes autres que la famille.

On peut, par exemple, donner un rein de son vivant, lorsqu’on peut prouver que l’on a des liens affectifs stables  depuis plus de 2 ans avec le receveur.

Lorsqu’une personne souhaite donner son rein, des étapes bien précises sont respectées. (Examens morphologiques, période de réflexion, procédures administratives et judiciaires, vérification de la motivation par le comité d’experts, passage devant le juge pour confirmation de la volonté de don, programmation du bloc,..). C’est un processus bien rodé qui dure entre 4 et 6 mois. Il est à préciser que le donneur peut revenir sur sa décision à tout moment.

 

LE DONNEUR EN ÉTAT DE MORT ENCÉPHALIQUE

La mort encéphalique ou mort cérébrale est l’arrêt complet et irréversible du débit sanguin cérébral. Elle est constatée par des examens cliniques, complétés par un angioscanner ou deux électroencéphalogrammes.  Quand la mort cérébrale est certifiée, le certificat de décès est signé. Pendant un temps, les organes du défunt continuent de fonctionner avant de s’éteindre complètement. C’est à ce moment là  que l’on peut faire don de ses organes, avant que le cœur ne cesse de battre.

 

LA PERCEPTION DE LA MORT, ET DU CORPS CHEZ LE POLYNÉSIEN

Plus de refus de dons d’organes sont constatés en Polynésie par rapport à la France. Gelva TEROOATEA affirme en introduction, que les traditions sont encore bien présentes chez les polynésiens. Partant de là, elle a voulu développer son analyse autour de deux déclarations : « mes organes m’appartiennent » et «  les sentiments viennent des entrailles ».

 

LE DIAGNOSTIC DE L’ÉTAT DE MORT ENCÉPHALIQUE PAR ANGIOSCANNER, LA QUALIFICATION BIOLOGIQUE DU DONNEUR ET LA QUALIFICATION HLA ont été des sujets très techniques. Le travail de recherche de l’état de mort encéphalique et sur la compatibilité du greffon est conséquent. Ce sont des étapes, parmi d’autres,  à respecter avant la greffe.

 

LES CRITÈRES D’INSCRIPTION SUR LA LISTE D’ATTENTE

Les patients en insuffisance rénale chronique avancé (stade 3b-4) sont éligibles à la greffe. Des procédures sont appliquées pour l’inscription des patients sur une liste. Lorsque qu’une transplantation est en vue, le logiciel spécialisé de l’Agence de BioMédecine traite les informations et donne les noms des receveurs susceptibles de recevoir le greffon (compatibilités, différences d’âge,..).

 

A l’issue des exposés, un vif intérêt a été souligné. Beaucoup de questions ont été posées essentiellement autour des polynésiens face au don d’organes. Cette matinée a été un succès. Ainsi, d’autres journées d’information, dans de prochains mois, seront à nouveau organisées.

 

SIMULATION DANS LE CADRE D’UN DONNEUR POTENTIEL EN ÉTAT DE MORT ENCÉPHALIQUE

Des ateliers ont été constitués au sein du service des urgences, le 15 et 16 novembre. Des médecins, des infirmières, et la Coordination hospitalière des prélèvements d’organes se sont mis en situation face à un donneur potentiel en état de mort encéphalique.

Des simulations d’entretiens  avec les proches face à différents cas ont été entreprises.

Il s’agissait d’allier technicité, connaissances,  expériences et  psychologie.

En conclusion, « Savoir, savoir être et savoir-faire » étaient le leitmotiv.